Ma sœur, mon combat : Faire face au « Monstre » de Parkinson

Ma sœur, mon combat : Faire face au « Monstre » de Parkinson
Ma sœur avait 40 ans quand le diagnostic est tombé. À l’époque, je ne savais pas ce que cela signifiait réellement. J'ignorais que derrière ce mot se cachait un véritable monstre qui dévore la vie, une pathologie qui ne se limite pas à des tremblements, mais qui englobe une triade complexe de lenteur, de raideur et de silence moteur. Aujourd'hui, elle en a 50, et ces dix années m'ont appris une vérité brutale : Parkinson ne prend que ce qu'on le laisse voler.
Ne pas se laisser engloutir par l’ombre
Le message que je veux porter aujourd'hui est celui de la résistance. Il faut accepter la cohabitation avec la maladie, mais ne jamais accepter sa dictature. Le plus grand danger n'est pas seulement physique, c'est le lot de déprime considérable qui accompagne ce combat et qui touche près de la moitié des patients. Si l'on ne s'oblige pas aux gestes les plus simples — se coiffer malgré tout, se brosser les dents, se laver — la maladie finit par nous engloutir tout entier dans l'apathie.
Parfois, je perds patience. Je crie, je deviens dur avec elle. Je lui dis : « Puisque tu as encore de l'énergie pour des choses inutiles, utilise-la pour ce qui est utile ! ». C’est une forme de « tough love », car je sais que si elle ne prend pas en charge son propre corps, c'est la catastrophe assurée. La preuve est là : pendant dix ans, elle n'a pas fait de rééducation sérieuse ni suivi de régime alimentaire spécifique, et son état s'est détérioré plus vite qu'il ne l'aurait dû.
Le remède commence par l’amour de soi
Je serai toujours là pour elle, mais mon plus grand souhait est qu'elle apprenne à être là pour elle-même. On nous dit que cette maladie est incurable, mais je refuse de l'accepter. Pour moi, chaque maladie a son remède, et ce remède commence par s'aimer soi-même. S'aimer, c'est se donner les moyens de lutter par de micro-habitudes qui renforcent notre immunité face au désespoir.
C’est ici que la science rejoint le cœur : la neuroplasticité prouve que le cerveau peut se remodeler à tout âge si on le stimule. Chaque petit trait tracé sur une feuille, chaque exercice de motricité fine pour contrer la micrographie (l'écriture qui rétrécit) est une barrière que l'on dresse contre la fatalité. Ces activités créatives ne sont pas de simples passe-temps, elles sont des « massages cérébraux » qui redonnent un sentiment de contrôle là où la maladie impose le chaos.
La gratitude comme moteur d'énergie
Il n'est jamais trop tard pour commencer à prendre soin de ses neurones et de son moral. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Chaque jour qui se lève est une nouvelle opportunité de reconquérir une parcelle d'autonomie, un trait à la fois.
Mon dernier message pour vous tous, aidants et malades, est celui-ci : soyez pleins de gratitude pour chaque nouveau jour. La gratitude est une énergie puissante qui transforme la perception de la douleur et de la raideur en une volonté de fer.
Ne laissez pas le monstre gagner. Aimez-vous, bougez, créez, et n'oubliez jamais que vous avez le pouvoir de redonner de la couleur à votre mouvement.

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